Syrie : affamer les civils ou les tuer


article de la rubrique international > justice internationale
date de publication : jeudi 16 janvier 2020
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L’aide humanitaire est vitale pour près de 3 millions de Syriens reclus dans la région d’Idleb (nord-ouest) où les combats et bombardements ont redoublé depuis quelques semaines.


15/01/2020 : "Des dizaines de civils et de combattants ont péri depuis mercredi dans des bombardements et d’intenses combats entre les forces du régime syrien et des groupes jihadistes dans la province d’Idleb (nord-ouest).

Cette escalade intervient au lendemain de la mort de 18 civils dans des frappes du régime sur la ville d’Idleb (...)

"Les combats ont éclaté vers minuit mercredi au sud de la ville de Maaret al-Noomane, en même temps que de violents bombardements malgré la trêve russo-turque", a indiqué le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane." (AFP - 16 janv. 2020)

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"L’aide humanitaire transfrontalière apportée à la population syrienne depuis 2014, est prolongée par le Conseil de sécurité de l’ONU pour six mois via uniquement deux points - au lieu de 4 jusqu’à présent - frontaliers avec la Turquie.

Après de multiples concessions des Occidentaux depuis fin décembre, une résolution de l’Allemagne et de la Belgique a été adoptée en ce sens par onze voix pour, quatre pays s’abstenant : la Russie, la Chine, les États-Unis et le Royaume-Uni.

L’autorisation transfrontalière, renouvelée jusqu’à présent annuellement par l’ONU avec quatre points frontaliers, expirait vendredi soir, 10 janvier 2020.

La Belgique et la France ont déploré « la réduction de la portée » de l’autorisation transfrontalière. « Onze millions de Syriens ont besoin d’une assistance humanitaire », a rappelé l’ambassadeur belge à l’ONU, Marc Pectseen de Buytswerve." [1]

Guerre en Syrie : "Une catastrophe humanitaire se déroule sous nos yeux" juge le médecin Raphaël PITTI [2]

(Exode : "ZIAD ALISSA : "Cette aide humanitaire est vitale. Elle est très importante ... il y a vraiment un risque majeur avec les nouvelles vagues de déplacés vers la frontière turque. Avec la pénurie de tout, il y a une véritable urgence. Si l’aide ne rentre plus ...") [3]

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Une autre lecture d’un conflit qui dure depuis près de 9 ans - juin 2019 :

"Monsieur le Président,

Mettre fin aux souffrances des Syriens à Idlib et dans d’autres régions exige :

Premièrement : Contrer les principales causes de ces souffrances. À savoir, les politiques des gouvernements qui parrainent le terrorisme, les agissements des organisations terroristes et des milices ainsi instrumentalisées, les crimes incessants commis par ladite « Coalition internationale », y compris les incendies délibérés des récoltes d’orge et de blé.

À ce propos, il y a deux jours, le régime turc a publié une annonce en langue arabe, adressée aux agriculteurs syriens, pour leur faire savoir que le gouvernement turc était disposé à acheter leurs récoltes en Livres turques.

En d’autres termes, ce qui n’aura pas été brûlé pourra être vendu à la Turquie au quart de son prix. Ce qui n’empêche pas qu’on nous accuse de nuire à la Turquie. Non, ce n’est pas le cas. Le régime turc ne respecte absolument pas les règles de bon voisinage. S’il possédait une once de sagesse politique, il réfléchirait à l’avenir, abstraction faite du droit international et des accords organisant les relations entre la Turquie et la Syrie. C’est ce qu’il devrait faire : tenir compte de l’avenir, car nous sommes présents dans cette région par le fait de la Géographie et de l’Histoire. Le régime d’Erdogan ne devrait pas ouvrir nos frontières communes aux dizaines de milliers de terroristes étrangers (...)

Deuxièmement : Mettre fin à la présence illégale des forces américaines et turques sur le territoire de la République arabe syrienne et, en conséquence, aux souffrances de millions de civils dans les régions contrôlées par ces mêmes forces.

Troisièmement : Lever immédiatement et sans conditions les mesures économiques coercitives unilatérales et illégitimes imposées au peuple syrien ; lesquelles constituent un terrorisme économique et une punition collective.

Quatrièmement : Faire cesser la politisation délibérée et systématique de la situation humanitaire ainsi que son exploitation à des fins totalement contraires aux principes de l’action humanitaire.

Cinquièmement : Soutenir les efforts de l’État syrien en vue de la reconstruction de ce qui a été détruit par le terrorisme -je vous laisse juge du but recherché par ces destructions- ; faciliter le retour des Syriens déplacés dans la dignité et la sécurité et travailler à diriger les promesses des donateurs dans ce sens.

Monsieur le Président,

En dépit de l’adoption de plus de 46 résolutions en rapport avec la lutte contre le terrorisme par le Conseil de sécurité, de la guerre terroriste imposée à mon pays depuis presque neuf années, de ses conséquences et du rôle tenu par les gouvernements de certains pays pour la prolonger, certains en dehors et au sein même de ce Conseil continuent à exploiter le terrorisme jusqu’à y voir un partenaire, au lieu de construire un partenariat avec la Syrie pour l’éradiquer. Là aussi, je vous laisse juge du but de telles manœuvres.

Ici, je réaffirme que le gouvernement syrien ne pliera pas devant la guerre terroriste qui lui est imposée ..." (extraits de l’intervention du délégué permanent de la Syrie aux Nations Unies, le Docteur Bachar al-Jaafari, le 18 juin 2019) [4]

(carte des sites "rebelles" en 2018)

P.-S.

(L’offensive de Khan Cheikhoun, baptisée "Aube d’Idleb" par le régime a lieu lors de la guerre civile syrienne. Elle est lancée le 6 mai 2019 par l’armée syrienne et ses alliés contre les groupes djihadistes et rebelles, malgré un accord conclu le 17 septembre 2018 par la Russie et la Turquie, qui prévoyait l’instauration d’une zone démilitarisée à Idleb.) [5]


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