Slobodan Milosevic devant le TPIY


article de la rubrique international > justice internationale
date de publication : mars 2002
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Le procès de Slobodan Milosevic s’est ouvert le mardi 12 février 2002, devant le Tribunal pénal international de La Haye (TPIY)

L’ancien président yougoslave est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en Croatie (1991-1992) et au Kosovo (1999), ainsi que de génocide pour la campagne d’épuration ethnique en Bosnie-Herzégovine (1992-1995). Ce procès pourrait durer deux ans.


C’est une étape importante dans la lente émergence d’un ordre mondial gouverné par le droit : pour la première fois, un ancien chef d’Etat va être jugé par une justice internationale pour des crimes commis contre son peuple.

La guerre qui a ravagé l’ex-Yougoslavie de 1991 à 1999 a causé la mort d’environ 250.000 personnes, la plupart des civils.

Agé de 59 ans, battu aux élections de septembre 2001 après avoir exercé le pouvoir durant treize années, Slobodan Milosevic a été livré par les autorités serbes dans la nuit du 28 au 29 juin 2001. Il est arrivé, menottes aux poignets, à la prison du TPIY, à La Haye.

La décision de transférer Milosevic est intervenue à la veille de la conférence des pays donateurs pour la Yougoslavie organisée à Bruxelles. La communauté internationale, les Etats-Unis en particulier, ont conditionné la poursuite de leur aide économique à une parfaite coopération de Belgrade avec le Tribunal.

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a salué cette nouvelle comme "une victoire de la responsabilité sur l’impunité". "C’est un jour dont on se souviendra non comme d’un acte de vengeance, mais de justice". Le président du Tribunal, le Français Claude Jorda, et son procureur général, la Suissesse Carla Del Ponte voient, dans l’arrivée de Milosevic à La Haye, le début d’une nouvelle ère pour la justice internationale. "C’est "un moment historique" a déclaré Claude Jorda, ajoutant : "Sur le plan du droit international et du droit humanitaire, c’est un progrès irréversible".

"L’événement est d’une exemplarité historique. Il est constitutif d’un précédent qui, en Europe au moins, sonnera douloureusement aux oreilles de quelques-uns (on pense à Vladimir Poutine et à la guerre qu’il poursuit en Tchétchénie), et donnera à réfléchir à d’autres dans certaines chancelleries (où l’on a toujours voulu contenir l’arrivée du judiciaire sur la scène internationale). M. Milosevic va être le premier ex-chef d’Etat jugé par un tribunal international créé par les Nations unies. L’événement est à la mesure des crimes commis par le prévenu." [1]

Notes

[1Le Monde - éditorial - 30 juin 2001


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