Pinar Selek, membre actif de la LDH, récompensée


article de la rubrique droits de l’Homme > la LDH
date de publication : samedi 5 octobre 2019
version imprimable : imprimer


Le "Prix 2019 de la Culture Méditerranéenne" récompense "une intellectuelle d’envergure internationale qui se distingue par son œuvre en faveur du dialogue entre les différentes expressions culturelles de la Méditerranée.


Profondément touchée par cette reconnaissance, Pinar Selek a dédié son prix à toutes les femmes exilées comme elle, tout particulièrement à celles qui ne sont pas visibles. Et aussi à toutes les lucioles qui bravent les frontières, les forteresses, les fascismes, les violences et qui transforment le monde par leurs solidarités concrètes, par leurs poésies et leurs philosophies émancipatrices.

"Autour de notre Méditerranée, la criminalisation de la mobilité des opprimé.es se traduit par des corps glacés, des corps morts, des corps qui ne rêvent plus, ou par des esclaves sans protection, sans droit, au cœur de l’Europe occidentale.

A cause de mes écrits et de mes positionnements en faveur des libertés, parce que j’ai dénoncé le génocide des Arméniens et toutes les violences nationalistes, militaristes et sexistes, j’ai du quitté mon pays mais je n’ai pas quitté la Méditerranée : je continue mes combats à Nice. Comme disait Virginia Wolf, en tant que femme, je n’ai pas de pays, je ne veux pas de pays national. Mon pays c’est le Méditerranée et je vais faire mon possible pour que la tragédie humaine s’arrête, pour que règne la justice, la liberté et la solidarité.

Deux mondes se livrent une lutte infernale. Le monde des oppresseurs, des dominants qui ont les armes, les prisons, l’argent. Le monde des lucioles qui défendent et qui créent la vie, la beauté, la poésie.

Je suis fière de faire partie du monde des lucioles. Qui tirent la lumière de leurs rêves et qui éclairent quand il fait nuit. Je suis ici en tant que femme réfugiée, en tant qu’écrivaine, en tant que militante, en tant que chercheure, en tant que méditerranéenne. Par mes écrits et actions, j’essaie de résister …. Et de contribuer à la construction d’une contre-culture basée sur la solidarité, la liberté et la justice.

Je sais que c’est difficile. Oui, mais comme le proposait Antonio Gramsci, allier le pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté peut libérer une puissance magique. Je sens cette magie dans les chemins que je poursuis.

Au nom de toutes les lucioles méditerranéennes, au nom de ces sorcières qui jouent avec la magie, je vous remercie pour cet encouragement. »

La franco-turque réfugiée à Nice, Pinar Selek, va recevoir le "Prix 2019 de la Culture Méditerranéenne"

"Une distinction qui récompense "une intellectuelle d’envergure internationale qui se distingue par son œuvre en faveur du dialogue entre les différentes expressions culturelles de la Méditerranée".

Les derniers prestigieux lauréats sont, entre autres, le prix Goncourt Tahar Ben Jelloun, l’écrivain israélien David Grossman, ou l’académicien Amin Maalouf. Pinar Selek est la lauréate de la 13e édition."

Pinar Selek est sociologue-docteure en science politique, écrivaine et féministe [1]

Un long parcours :

http://section-ldh-toulon.net/acharnement-judiciaire-contre,5223.html
http://section-ldh-toulon.net/solidarite-avec-Pinar-Selek.html
http://section-ldh-toulon.net/Pinar-Selek-doit-etre.html
http://section-ldh-toulon.net/le-cauchemar-de-Pinar-Selek.html


Suivre la vie du site  RSS 2.0 | le site national de la LDH | SPIP