Mayotte, Comores


article de la rubrique international > Hors Europe
date de publication : dimanche 25 mars 2018
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Le 25 août 1972, le Comité spécial de l’ONU inscrit l’archipel des Comores (4 îles), sur la liste des territoires auxquels s’applique la "Déclaration sur l’octroi de l’indépendance". Mais Mayotte reste un enjeu considérable pour la France. [1]


25/03/2018 : "Les 73 bureaux de vote de Mayotte ont ouvert ce dimanche matin pour le second tour de l’élection législative, malgré les menaces de blocage et le mouvement de contestation qui paralyse l’île depuis 5 semaines. (...) Ce second tour de la législative partielle de la 1ere circonscription oppose les mêmes candidats qu’en juin 2017, l’ex-députée Ramlati Ali, sans étiquette et soutenue par La République en Marche, et Elad Chakrina (LR), qui a obtenu le soutien du Front national, soutien dont Les Républicains se sont désolidarisés." [2]

19/03/2018 : Au lendemain du premier tour de la législative partielle organisée malgré les blocages et les appels au boycott (une abstention de 70%), les Mahorais sont toujours bloqués par des barrages, installés depuis un mois aux points stratégiques de l’île. A Paris, la ministre des Outre-mer Annick Girardin a dénoncé les "risques d’affrontements entre les communautés".

12/03/2018 : Depuis deux semaines des collectifs appellent à manifester à Mayotte, contre l’insécurité et depuis le 20 février 2018, le 101e département français [3] est paralysé par une grève générale. Au centre des revendications des Mahorais, l’insécurité et les conditions de vie. La ministre des Outre-mer, Annick Girardin a annoncé une série de mesures en termes de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine.

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"Le 31 décembre 1975, l’assemblée nationale française adopte la loi numéro 75-1377 concernant une nouvelle consultation propre à Mayotte. Le 8 janvier 1976, les Mahorais votent pour le oui à 99,42% (L’armée française a apporté son concours au Mouvement mahorais lors de déportations de personnes favorables à l’indépendance. Cf. Mahmoud Ibrahime dans son livre : "Mayotte, le contentieux entre la France et les Comores"). (...)

L’ONU tentera de déclarer nul ce référendum le 6 février 1976. La France oppose son veto pour la première fois de son histoire. L’ONU condamnera la France à plus de vingt reprises mais la France reste sourde et dispose de son veto qu’elle peut brandir pour violer le droit international." [4]

En 2007, "N. Sarkozy décrète que Mayotte ne pouvait plus tolérer les "hordes de non-répertoriés affamés et envieux venus de trente kilomètres plus loin" (des autres îles des Comores).

Des sommes folles ont été dépensées pour faire installer, au milieu du lagon, des radars surpuissants, pour équiper les bateaux de la Police de moteurs hors-bord dernier cri et pour empêcher, donc, l’accostage de « kwassa-kwassa » de fortune.

Le Centre de Rétention Administrative de Pamandzi (sur Petite-Terre) ne désemplit plus de cette misère humaine traquée et entretenue à la fois. Mayotte, à elle seule, produit 35% (50% avec la Guyane) du taux annuel et national de reconduites à la frontière. M. Sarkozy en était fier." [5]

31 mars 2011, "l’île de Mayotte devient officiellement département français. Les habitants de Mayotte ont voté à 95% en faveur de cette départementalisation. Leurs principaux espoirs : améliorer leur niveau de vie avec, entre autres, l’alignement des aides sociales auxquelles ils vont pouvoir prétendre à partir d’aujourd’hui. Elles seront calquées sur ce qui existe en métropole et parmi elles, le droit au SMIC, le revenu minimum pour les plus démunis.

L’île souffre de difficultés économiques. La plupart des salariés appartiennent à la fonction publique, les autres habitants tentent de gagner leur vie grâce à la pêche et aux commerces locaux." [6]

"En octobre et novembre 2011, l’île aux parfums a été paralysée pendant plusieurs semaines par une grève générale contre la vie chère. Plusieurs manifestations ont dégénéré en heurts violents avec les forces de l’ordre. Un jeune homme est décédé après avoir été aspergé de gaz lacrymogène. Un enfant a perdu un œil après avoir reçu un projectile de flash ball tiré par un gendarme. Des dizaines de commerces ont été pillés." [7]

Mars 2013, "600 personnes ont manifesté à Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte. Agents au sein des trois fonctions publiques - État, hospitalière et territoriale -, les manifestants réclament l’indexation de leurs salaires pour tenir compte de la cherté de la vie dans l’île aux Parfums. Tous sont en grève illimitée. Le candidat François Hollande s’est engagé à mettre en place cet index avec effet rétroactif à compter du 1er janvier 2013." [8]

Le 9 novembre 2013, une partie de la population de Mayotte, -en grande majorité des femmes-, manifeste contre les allogènes établis clandestinement dans l’île.

2015 : "A Mayotte, le chômage a augmenté de 27,6% depuis un an. La tension monte : barrages sauvages, voitures brûlées, jets de pierres..., en marge du renouvellement de la grève générale par l’intersyndicale CGT-CFDT-FO-FSU-Solidaires-FAEN. Les réponses de George Pau-Langevin, en visite sur l’île ont été jugées « insatisfaisantes ». Ils revendiquent « l’égalité des droits » à Mayotte par rapport au reste du territoire français, notamment au niveau des salaires. [9]

2016 : "François Hollande a appelé à la vigilance, mercredi 18 mai lors du conseil des ministres, au sujet de la situation sur l’île de Mayotte, « extrêmement préoccupante  » aux yeux du chef de l’Etat. « Il y a là, avec l’immigration qui vient des Comores, un sujet sur lequel le statu quo ne peut pas être accepté », a souligné Stéphane Le Foll (...). Mayotte compte 40 % d’étrangers et connaît une forte pression migratoire des îles voisines des Comores (...) L’Etat a reconduit à la frontière plus de 18 000 personnes en 2015. [10]

Partir pour s’en sortir ? :

Il y aurait entre 120 000 et 150 000 Comoriens à Marseille. "Personne n’est en mesure d’indiquer avec précision le nombre des Comoriens se trouvant à Marseille, et cela moins encore depuis que Mayotte est devenu un Département ultramarin en 2011. L’estimation la plus récente et la plus raisonnable avance le nombre de 120 000 (...) [11]

P.-S.

Hommage : Le 21 février 1995, à Marseille, Ibrahim Ali, 17 ans, adolescent d’origine comorienne, était tué d’une balle dans le dos par des colleurs d’affiches du Front national.


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