Malik Salemkour, élu président de la LDH


article de la rubrique droits de l’Homme > la LDH
date de publication : mercredi 7 juin 2017
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Vice-président de la LDH de 1995 à 2012, Malik Salemkour s’est engagé dans la défense des droits des Roms au sein du collectif Romeurope de 1999 à 2013. Il est directeur juridique au syndicat mixte Autolib’ et Velib’ Metropole à Paris, après avoir notamment été directeur de cabinet dans les mairies de Saint-Ouen et Herblay (Val d’Oise [1].


Malik Salemkour

Ci-dessous, extraits de l’article de Marie Boëton [2]

Malik Salemkour, président de la LDH : « L’état de droit recule sans que l’opinion s’en émeuve »

"Quelles seront, dans les mois à venir, les priorités de la Ligue des droits de l’homme (LDH) ? :

M. S. : La première d’entre elle concerne l’état d’urgence. Nous continuons d’exiger sa levée immédiate. L’émotion qui a suivi les attaques terroristes est évidemment légitime mais la perpétuation d’un tel régime d’exception ne l’est aucunement. Que des mesures aussi liberticides que les assignations à résidence ou les interdictions de manifester soient décidées par un préfet – et non par un juge – est inacceptable. Seule une instance indépendante peut statuer. (...)

N’êtes-vous pas très peu audible sur ce sujet ? :

M. S. : C’est vrai. L’état de droit recule sans que l’opinion s’en émeuve. Par méconnaissance, selon moi. En ces temps de menace terroriste maximale, les contrôles renforcés sont évidemment légitimes, mais dans le cadre du droit commun. Nous disposons de tous les outils pour le faire et c’est sans doute ce que nous peinons à bien faire comprendre à nos concitoyens. Outre qu’ils sont très contestables sur le plan des principes, les outils mis à disposition dans le cadre de l’état d’urgence se sont par ailleurs montrés d’une utilité réduite pour démanteler les réseaux terroristes.

Quelles seront vos autres priorités à la tête de la LDH ? :

M. S. : La lutte contre le racisme sera notre second grand combat. Il faut dépasser les divisions actuelles du mouvement antiraciste et rassembler toutes les organisations œuvrant en la matière. Ces dernières années, certaines d’entre elles se sont enfermées dans une approche communautariste, au risque d’oublier la dimension universaliste de ce combat. Les noirs, les juifs, les musulmans, les Roms n’ont pas à être défendus par les leurs, mais bien par nous tous. Au nom de la fraternité.

Recueilli par Marie Boëton in La Croix 06/06/2017


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