La Garde : les gens du voyage reviennent et puis s’en vont


article de la rubrique roms et gens du voyage > gens du voyage dans le Var
date de publication : jeudi 18 juin 2009
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“Ils” sont partis... Les gens du voyage, arrivés le 2 juin, ont quitté La Garde dimanche 14 juin [1].

Dans un article récent [2], Fred Dumas évoquait « la grogne des propriétaires » et le « ras-le-bol des élus, qui se sentent délaissés par l’autorité administrative qu’est la préfecture du Var ». En fait, la responsabilité des élus locaux est grande dans le Var : toutes les communes s’accordent à dire qu’il faut des aires adaptées... mais très rares sont celles qui acceptent de les installer sur leur territoire. Il suffit de consulter cette page, puis celle-ci, pour constater que, six ans après l’adoption du schéma départemental, rien n’a encore été fait dans l’agglomération toulonnaise pour l’accueil des gens du voyage.

Quelques aires d’accueil ont été aménagées dans le département – à Brignoles, par exemple. Mais cela n’a pas empêché une centaine de caravanes de s’installer le 15 juin dans des conditions illégales sur un terrain privé de cette dernière commune. Il semble que rien d’officiel ne soit encore prévu dans le département du Var pour recevoir les « grands passages ».

[Première mise en ligne le 4 juin, mise à jour le 18 juin 2009]



L’expulsion est prononcée contre les évangélistes

par P. Poletto, Var Matin du 14 juin 2009 [extraits)


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Photo : Eric Marmottans.

Les gens du voyage, qui occupent depuis le 4 juin sans aucune autorisation des terrains situés à La Garde, ont été condamnés, vendredi 12 juin, à quitter les lieux aujourd’hui [dimanche 14 juin], avant 14 heures précises.

Saisi d’une requête en référé engagée par les propriétaires fonciers (des privés et le conseil général), le tribunal de grande instance de Toulon a prononcé l’expulsion des nomades, 100 euros d’astreinte par heure de retard, ainsi que le recours à la force publique. Les occupants sont condamnés à rembourser les frais de procédure des plaignants. [...]

« Le terrain de la Chaberte - réservé au passage des gens du voyage - compte déjà 150 caravanes. Nous sommes 180. Il était impossible de s’installer. On est allé voir un autre terrain et nous avons proposé d’y rester jusqu’au 15 juin. » Seul hic, les propriétaires des dits terrains n’ont pas donné leur aval. On leur a même forcé la main et le passage... [...]

Leur choix unilatéral s’est finalement posé sur les terrains de deux paisibles retraités gardéens et du conseil général du Var. Intervenant aux intérêts du conseil général, Me Peraldi a souligné l’impact de cette installation illégale sur le site. « Il s’agit d’une zone naturelle. Les eaux usées provenant des caravanes (toilettes, lessive...) se répandent directement dans la nature. Le préjudice est réel sur l’environnement, sans parler du respect de la propriété privée. » Ce principe constitutionnel a également été mis en exergue par Me Fradet, conseil des propriétaires privés. [...]

L’estimation de la facture d’eau, durant l’occupation des terrains de La Garde par les gens du voyage qui s’était raccordés à une borne d’incendie, serait de 500 € par jour ... à multiplier par onze (du 4 au 14 juin).

Les évangélistes s’installent avec leurs caravanes chez des particuliers

[d’après Var Matin des vendredi 5 et lundi 8 juin 2009 ]


Jeudi matin 4 juin, en fin de matinée, les 500 gens du voyage évangélistes qui bloquaient une partie de la ville de La Garde avec leurs 150 caravanes se sont installés dans le jardin de trois vieilles familles gardéennes, au bord du vieux chemin d’Hyères. Les propriétaires n’ont pas eu d’autres recours que celui de déposer une plainte au commissariat. Les évangélistes se seraient engagés à quitter les lieux avant la fin du mois.

« C’est inadmissible, plaide le fils d’un couple d’agriculteurs retraités vivant sur place, il faut que l’administration prenne ses responsabilités. Humainement, je respecte ces gens du voyage, mais mes parents n’ont pas à faire les frais des insuffisances [en terme d’aires d’accueil] de l’agglomération. »

Les propriétaires des terrains ont obtenu un rendez-vous hier soir avec le directeur de cabinet du préfet, par l’entremise de Joël Canapa, conseiller municipal de l’opposition qui devait déclarer : « Les autorités ont laissé le laxisme se développer. » Selon l’un des témoins de la rencontre, « la préfecture a fait porter la responsabilité de la situation aux collectivités locales. »

Cinq caravanes supplémentaires se sont installées samedi, et une quinzaine d’autres dimanche ; « les ordures continuent à s’amonceler : il n’y a toujours pas de container pour les stocker » témoigne l’un des trois propriétaires du terrain squatté. Une pétition demandant « qu’une solution légale soit trouvée d’urgence pour mettre à disposition des gens du voyage un terrain adapté dans le Var » aurait recueilli environ un millier de signatures à La Garde et au Pradet.

La Garde : les gens du voyage bloquent toujours la ville

par E. M., Var Matin, jeudi 4 juin 2009


La tension est montée d’un cran hier aux abords de l’avenue Jean-Jaurès et de l’avenue du 14-Juillet-1789 (la route du Pradet). Des centaines d’évangélistes squattent la voie publique avec leurs caravanes depuis le lundi de Pentecôte. Et la plupart des riverains commencent à en avoir ras-le-bol.

La communauté nomade projetait de s’installer ni vue ni connue sur un terrain du lieu-dit La Bouilla mais la ville leur a barré la route in extremis. Et depuis, c’est le blocage. Quatre lignes de bus sont déviées (19, 91, 92 et 98) et il faut se rendre à la gare à pied. La mairie ne veut pas céder un terrain « destiné à devenir un parc nature » et aucune solution satisfaisant les deux parties n’a été clairement dégagée.

Le parking de La Poste pris en otage

Hier après-midi, le convoi s’est même renforcé d’une trentaine de véhicules, neutralisant les sorties de plusieurs résidences et celles du parking de La Poste situé à une centaine de mètres seulement de l’hôtel de ville.

Pour une bonne partie des riverains la coupe est pleine. Un entrepreneur de BTP craint pour son activité, des habitants se plaignent du bruit des groupes électrogènes, d’autres pour leur sécurité, dans la mesure où les secours ne peuvent plus circuler. Les associations de quartier aussi se mobilisent, et les plaintes affluent au commissariat.

« Je ne dors plus depuis trois jours », c’est la phrase qui revient le plus souvent dans la bouche des Gardéens venus se plaindre, hier après-midi, devant le maire Jean-Louis Masson.

Ce dernier est d’autant plus irrité par la situation qu’une partie de la population mécontente le tient pour responsable. « Je ne peux tout de même pas envoyer quelques policiers municipaux déloger 500 personnes ! » C’est d’autant plus injuste, selon l’édile, que la ville « joue son rôle » avec une aire d’accueil (saturée) à La Chaberte.

Que fait la police ?

Jean-Louis Masson en appelle - par écrit et par téléphone - au préfet. « L’Etat ne bouge pas, c’est inacceptable. » La ville a donc déposé une plainte également, sans doute pour faire pression sur la préfecture, injoignable hier soir. « Faut-il qu’il arrive un drame pour que l’état réagisse ? », se demandait-on hier en mairie.

Dans le même temps néanmoins, les négociations continuaient, et Jean-Pierre Haslin, adjoint délégué à la sécurité, laissait entendre en fin de journée qu’une solution était peut-être en passe d’être trouvée. Peut-être à Hyères où une partie des évangélistes se trouve déjà. D’ailleurs, les gens du voyage semblaient disposés à dégager au moins les accès au parking de La Poste dans la soirée.

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Comme la route entre La Garde et Le Pradet, le centre-ville gardéen est paralysé. (Photo : Laurent Martinat)

La Garde : nouveau coup de force de gens du voyage

par S. H., Var Matin, mardi 2 juin 2009


Après avoir essayé de s’installer à La Bouilla, des évangélistes ont bloqué hier la route entre La Garde et Le Pradet, comme l’an dernier

On prend les mêmes... et on recommence ! Un an après avoir déjà été paralysée par des gens du voyage, la route entre le centre de La Garde et Le Pradet l’a encore été hier.

Aux alentours de 2 heures du matin, des évangélistes ont de nouveau tenté de s’installer sur le terrain du lieu-dit « La Bouilla ». Un site « en zone inondable, pas aux normes et destiné à devenir un parc nature », répète Jean-Pierre Haslin, adjoint au maire gardéen, délégué à la sécurité et à l’administration générale. Et surtout un site dont l’accès semblait condamné par une borne en béton scellée et un talus de terre près de trois mètres de haut.

Mais les gens de la communauté non sédentaire ont frappé fort pour entrer : ils ont descellé la borne à coups de crics et percé le talus à coups de pelles et de pioches.

Plus de cent caravanes

Prévenu vers 2 h 30, Jean-Pierre Haslin a alors fait intervenir policiers municipaux et nationaux ainsi que des camions communaux de la déchetterie pour barrer le chemin du terrain convoité aux évangélistes.

Et la route de La Garde au Pradet s’est retrouvée à son tour bloquée par les gens du voyage, dont le convoi comptait une cinquantaine de caravanes dans la matinée et plus du double dans l’après-midi.

Les mêmes causes ont donc produit les mêmes effets mais sans donner lieu aux dérapages de l’année dernière : Jean-Pierre Haslin avait été menacé, le maire pradétan Claude Mesangroas et l’un de ses adjoints Olivier Durand avaient été bousculés [3].

« Il n’y a aucune violence ; la recherche d’une solution se fait avec le sourire », confirmait Jean-Pierre Haslin hier après-midi.

Vers un repli à Hyères ?

L’adjoint au maire gardéen a « contacté la préfecture pour trouver un terrain », sachant que l’aire de La Chaberte compte déjà « 150 caravanes » et que « certaines familles ne veulent pas se retrouver avec d’autres... ».

La sous-préfète de Draguignan Corinne Orzechowski s’est rendue sur place et s’est engagée à trouver un site d’ici aujourd’hui.

Ce devrait être un terrain militaire de Hyères, qui nécessite toutefois l’aval des autorités.

Sinon, ce pourrait être en un lieu appartenant au conseil général.

En attendant, tous les protagonistes de cette affaire s’apprêtaient hier soir à passer la nuit sur place...

Notes

[1D’après Var Matin du 16 juin 2009, ils auraient déclaré qu’ils reviendraient en juillet...

[2Var Matin du 10 juin 2009.

[3Ces incidents s’étaient produits lors du retour des gens du voyage, une dizaine de jours après les premiers faits.


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