Jean et Aimée Barange, “Justes parmi les Nations”


article de la rubrique démocratie > désobéissance & désobéissance civile
date de publication : vendredi 30 mai 2008
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Vendredi 6 Juin 2008 à 11 h, Robert Mizrahi, président délégué du Comité français Yad Vashem pour le sud de la France, remettra à titre posthume la Médaille et le Diplôme des “Justes parmi les Nations” à Jean et Aimée Barange pour avoir sauvé Albert Zylbersztejn, sous l’occupation allemande. La cérémonie se déroulera à la Mairie d’Honneur de Toulon.


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Jean et Aimée Barange vers 1912.

Jean Barange, fils de paysan des Monts du Lyonnais, était instituteur comme son frère Claude et sa sœur Perrine.

Maitre d’école, il épouse Aimée. Ils auront un fils en 1910, Aimé-Jean Barange, qui deviendra médecin et père de Marianne, Elisabeth et Perrine.

Jean, appelé sous les drapeaux en 1914, sera très grièvement blessé. Après de longs mois de soins il ne sera pas renvoyé au front mais deviendra instructeur pour les jeunes recrues ne sachant pas conduire (durant la première guerre mondiale on était passé dans l’urgence de l’hippomobile à l’automobile !)

La paix revenue, il reprendra sa mission d’enseignant puis, après l’acquisition des connaissances nécessaires, il dirigera une école de sourds-muets à Villeurbanne, sa femme Aimée en assurant l’intendance.
Laïque, socialiste, progressiste et franc-maçon, il est mis à la retraite anticipée en 1941 par le régime de Pétain.

Durant l’occupation de la France, le régime de collaboration et les lois anti-juives mis en place par l’Etat français, Jean et Aimée Barange accueillent clandestinement un jeune garçon d’origine israélite : Alik Zylbersztejn qui deviendra pour la famille, les proches et les voisins, « le cousin Albert ».

Pendant les années noires ils vivront dans une maison située à Estressin près de Lyon. Le « cousin Albert » deviendra le compagnon de jeu des ses « cousines » Marianne et Elisabeth.

C’est une histoire simple ! Celle du « courage ordinaire » qui fort heureusement se terminera bien : le petit Albert deviendra un brillant physicien collaborateur de Pierre-Gilles de Gennes ; marié il aura deux enfants : un garçon et une fille qui n’est autre que la comédienne sensible et émouvante (et très jolie !) Elsa Zylberstein.

Alik qui garda des contacts réguliers avec la famille Barange a voulu que Jean et Aimée soient reconnus comme “Justes” rendant ainsi un hommage universel à ce couple qui avait su braver les interdits et des lois scélérates et pour lequel il a gardé une grande reconnaissance et une profonde admiration. La Médaille des Justes sera remise à Mesdames Marianne Estragon et Elisabeth Coche, petites-filles de Jean et Aimée.

Qu’est-ce qu’un “Juste parmi les nations” ?
 [1]

« En honorant ceux qui ont refusé de se plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l´idéologie nazie, la médaille des Justes contribue à rétablir l´Histoire dans sa vérité. »
Simone Veil

L’idée de “Justes des Nations” vient du Talmud. Au long des générations, il a servi à désigner toute personne non juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les Juifs.

Six millions de juifs, dont 1,5 million d’enfants, furent assassinés pendant la Shoah dans les pays occupés par l’Allemagne nazie.
Une grande partie de l’Europe est alors sous la domination nazie et la majorité des Etats et des peuples garde le silence sans intervenir et pire encore, certains collaborent avec les assassins.
Et cependant, quelques-uns, au risque de leur propre liberté ou même de leur vie, tendent une main secourable pour sauver des enfants ou des familles juives..

Le Mémorial Yad Vashem décerne le titre de “Juste des Nations” aux personnes non juives qui pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah ont aidé des Juifs en péril, au risque de leur propre vie, sans recherche d’avantages d’ordre matériel ou autre.
Au 1er janvier 2006, le titre avait été décerné à plus de 21 000 personnes travers toute l’Europe. Ce sont les “Justes parmi les nations”.


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