Hubert Falco veut multiplier les caméras vidéosurveillant les Toulonnais


article de la rubrique Big Brother > vidéosurveillance
date de publication : lundi 27 décembre 2010
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Les trente premières caméras de vidéosurveillance ont été installées à Toulon autour de l’année 2004 (voir cette page). Six ans plus tard, nous apprenons par l’article ci-dessous de Var-Matin que « pour l’instant on ne peut pas dire que tel ou tel type de délit a diminué depuis que les caméras ont été installées ».

Mais il en faudrait plus pour que Hubert Falco renonce à son projet de tripler d’ici trois ans le nombre des caméras de vidéoprotection de police qui surveilleront les Toulonnais : en trois ans il passera de 34 à 124, a-t-il annoncé à l’occasion de l’inauguration du Centre de supervision urbain de Toulon.
Ce que le nouveau préfet a sobrement approuvé – « La sécurité, ça n’a pas de prix ! »

[Mis en ligne le 30 novembre 2010, mis à jour le 27 décembre]



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Le maire et le préfet sont venus constater que le CSU permettait désormais de mutualiser les moyens : 89 caméras reliées à l’hôtel de police municipale (photo Patrick Blanchard).
« Et c’est là, dit sentencieusement le Directeur, en guise de contribution à cet exposé, qu’est le secret du bonheur et de la vertu, aimer ce que l’on est obligé de faire. Tel est le but de tout conditionnement. Faire aimer aux gens la destination sociale à laquelle ils ne peuvent échapper. »
Aldous Huxley, Le meilleur des mondes (1931)


Zoom, zoom, zoom

par Damien Allemand, Var-Matin, 13 décembre 2010 [1]


La technologie déployée dans une partie de la ville est impressionnante. Trente-quatre caméras entre le centre-ville et le Mourillon permettent de suivre à la trace n’importe quel individu sur la cinquantaine d’écrans du Centre de supervision. Elles sont loin d’être fixes. À tout moment, l’opérateur peut prendre la main pour diriger la caméra vers l’endroit souhaité. Il peut zoomer à sa guise. Preuve de la qualité Haute définition de l’image, l’opérateur peut aisément lire la marque d’un mégot de cigarette écrasé sur le bitume. « On peut donc facilement identifier les délinquants », confirme Éric Felten, le directeur de la police municipale.

Derrière ces télés sans variété, ils sont quatre à surveiller le film de la vie toulonnaise. « C’est compliqué d’avoir l’oeil partout mais globalement, on ne rate pas grand-chose », assure Max Merlin, un des « voyeurs-fliqueurs ». D’un larcin place Puget à une baston place de l’Opéra, ce sont eux qui ont donné l’alerte pour une intervention rapide. Dans ces moments, les opérateurs ont « le sentiment du devoir accompli », confie ce chef dans la police municipale de Toulon et opérateur de vidéoprotection.

Plus de réactivité

Car n’allez surtout pas dire vidéosurveillance ! Le juste terme – imposé par l’UMP – est vidéoprotection. Protection ? Pourtant, les caméras ne peuvent pas protéger. Elles n’empêchent pas le vol, le viol ou la boxe. En revanche, elles sont utiles pour identifier et élucider les enquêtes. « C’est exact, reconnaît Éric Felten. Dans la terminologie de vidéosurveillance, le citoyen se sent surveillé. Ce n’est pas rassurant. Il y a une connotation péjorative. Il est donc plus judicieux de parler de vidéoprotection. »

Si la mairie et la police municipale se félicitent de cet atout pour la sécurité, l’impact de la vidéoprotection donc, n’est pas – encore – mesurable. « Pour l’instant on ne peut pas dire que tel ou tel type de délit a diminué depuis que les caméras ont été installées. En revanche, le temps d’intervention a été considérablement réduit. » Entre trois et cinq minutes.

Un lieu pour trois types de caméras

[Var-Matin, 27 novembre 2010]


Au coeur du nouveau Centre de supervision urbaine (CSU) ne se trouvent pas que les écrans reliés aux trente-quatre caméras de vidéoprotection de la police. Les neuf caméras de voirie (quinze sont en cours d’installation) et les quarante-six connectées à la zone piétonne relaient également leurs images jusqu’à la place Pasteur. Le CSU regroupe en fait l’ensemble des moyens de vidéoprotection et de vidéosurveillance de la ville autrefois disséminés. Ne formant plus qu’un, trois PC cohabitent dans une même salle : celui de sécurité de la voie publique donc, mais aussi celui de régulation de la circulation et le PC vidéo de contrôle d’accès des zones piétonnes ; les deux derniers étalent jusqu’alors situés à l’hôtel de ville. Désormais interconnectés entre eux, ils sont aujourd’hui chacun dotés d’un mur d’images constitué de douze à dix-neuf moniteurs d’écrans plats. Concernant le PC de sécurité de la voie publique, des agents municipaux visionnent les écrans de 6h30 à 20h, avant que la police nationale, connectée depuis décembre dernier au réseau par fibre optique, ne prenne systématiquement le relais. La surveillance s’effectue donc 24h/24 et 7 jours sur 7.

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Hubert Falco veut voir des uniformes pour se sentir bien (Photo : Patrick Blanchard, Var Matin, le 18 août 2010)

Un nouveau sanctuaire pour la vidéosurveillance

par MA. D., Var-Matin, le 27 novembre 2010


Hubert Falco a inauguré vendredi le Centre de supervision urbaine qui regroupe les moyens de contrôle vidéo de la ville, à l’hôtel de police municipale.

Une grosse cinquantaine d’écrans plats reliée aux caméras disposées en ville et des agents missionnés pour regarder le film de la vie toulonnaise s’étirer devant eux. Bienvenue dans le nouveau Centre de supervision urbaine (CSU) : un PC de sécurité high-tech implanté au sein de l’hôtel de police municipale, place Pasteur. D’ici, toute la ville est surveillée. Police, zone piétonne, voirie : l’ensemble des moyens de vidéoprotection et de vidéosurveillance de Toulon y sont regroupés.

Opérationnel depuis septembre dernier, après cinq mois de travaux, le dispositif a été inauguré hier par le maire Hubert Falco, en présence du préfet Paul Mourier [2]. Rappelons que la seconde phase du chantier permettra à l’intégralité du bâtiment d’être réhabilité à l’horizon juillet 2011. L’opération aura coûté cinq millions d’euros, répartis entre la ville, le conseil général et l’État.

« Les citoyens veulent voir des uniformes »

Mais Hubert Falco n’a pas souhaité attendre que tous les murs soient repeints et les services réorganisés pour rappeler les moyens déployés ces dernières années en matière de sécurité : « Les effectifs de policiers municipaux ont été renforcés de 35,3 % entre 2001 et 2010. Les citoyens veulent voir des uniformes pour se sentir bien. » Tout comme les pouvoirs publics veulent désormais voir les citoyens pour les mêmes raisons. Ça fait maintenant sept ans que Toulon a mis en place son dispositif de « vidéoprotection urbaine », le renforçant année après année. Le centre-ville et le Mourillon sont aujourd’hui quadrillés. « C’est un outil précieux de prévention et de dissuasion », a justifié le premier magistrat de la capitale varoise. Lequel ne s’est pas privé de faire remarquer que « la lutte contre la délinquance et le sentiment d’insécurité » par ce biais ne faisait maintenant plus guère débat, même à sa gauche.

90 caméras de police en plus dans les trois ans

Hubert Falco a aussi annoncé que 90 nouvelles caméras de vidéosurveillance viendraient s’ajouter, dans les trois ans, aux 34 existantes. Avec les félicitations du préfet : « Nous saluons votre engagement pour faire reculer l’insécurité. Et soyez certain que nous serons là pour soutenir ce projet. » L’État, qui a déjà accordé une subvention de 110 000 euros pour le CSU, ne rechignera donc pas à de nouveau mettre la main à la poche.

Et pour cause : quand on pose la question du coût d’une caméra de vidéosurveillance au préfet, celui se veut intransigeant. « La sécurité, ça n’a pas de prix. » Ce qui ne veut pas dire que ce n’est pas cher.

Le terme « vidéoprotection » remplacera celui de « vidéosurveillance »

Article 17A [3]

« Cet article est issu d’un amendement du Gouvernement et tend à remplacer le terme « vidéosurveillance » par celui de « vidéoprotection » dans l’ensemble des textes législatifs et réglementaires, conformément au souhait du Gouvernement de souligner le caractère protecteur de cette technologie.

« Votre commission a adopté l’article 17A sans modification. »

Notes

[1Extrait de l’article « une séance au cinéma de la vie toulonnaise ».

[2Étaient également présents les députés Philippe Vitel et Geneviève Levy, le procureur de la République Marc Cimamonti, le commissaire principal représentant le directeur de la sécurité publique, les élus municipaux, etc.

[3Extrait du Rapport n° 517 (2009-2010) de M. Jean-Patrick COURTOIS, sénateur UMP de la Saône-et-Loire, fait au nom de la commission des lois du Sénat, déposé le 2 juin 2010, sur le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI 2) : http://www.senat.fr/rap/l09-517/l09-51721.html#toc153

Voir également cette page.


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