Hubert Falco dérape sur le logement social


article de la rubrique droits sociaux > logement
date de publication : dimanche 27 janvier 2013
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A Toulon, comme à Brest, les logements de l’armée sont exclus du décompte des logements sociaux. Hubert Falco l’a une nouvelle fois déploré lors du conseil municipal du 25 janvier 2013, déclarant : « à Sainte-Anne, la Marine construit 280 logements. Je trouve ça anormal que l’État n’en tienne pas compte ». Ce à quoi Robert Alfonsi a répliqué qu’il trouvait cela logique, dans la mesure où ces constructions ne sont pas ouvertes aux demandeurs HLM. L’échange aurait pu s’arrêter là, si, plus tard au cours de la séance, l’adjoint Yannick Chenevard n’était pas revenu sur le sujet, se déclarant choqué par les propos de Robert Alfonsi. Hubert Falco ayant refusé de donner la parole à ce dernier pour lui permettre de répondre, les élus de gauche ont quitté la séance.


Hubert Falco et le logement social

La loi sur le logement [1], publiée au Journal officiel le 19 janvier 2013, durcit la loi SRU : elle fait obligation aux communes de plus de 3 500 habitants de porter à 25 % d’ici à 2025, contre 20 % actuellement, la proportion de logements sociaux sur leur territoire, et elle multiplie par 5 les pénalités financières en cas de carence.

La ville de Toulon, avec un taux inférieur à 15 % est de celles qui auraient dû être sanctionnées, mais il n’en a rien été jusqu’à présent – voir cette page [2]. On peut penser qu’à l’avenir elle ne passera plus à travers les mailles du filet, et cela explique peut-être la grande colère du maire lors du conseil municipal du 25 janvier 2013.

Il y a quelques années, Hubert Falco, alors secrétaire d’État, avait demandé que les 1 400 logements sociaux militaires de la SNI (Société nationale immobilière) soient comptés dans le quota du logement social toulonnais. « J’en ai porté réclamation auprès du ministère. Il n’y a pas de raison que les militaires ne soient pas intégrés dans nos chiffres », avait-il déclaré dans Var Matin le 16 février 2009 [3].

Ces 1 400 logements n’auraient pas suffi pour combler le manque de logements sociaux à Toulon. Hubert Falco est revenu à la charge, déclarant dans Var Matin, le 17 septembre 2012, que l’objectif de 20 % de logements sociaux serait déjà atteint à Toulon « si on comptabilisait les 4 000 logements sociaux de la Marine nationale » [4].

A suivre ... [5]

Le conseil municipal du 25 janvier 2013

La Société publique locale revient sur le tapis

par Guillaume de Saint Vulfran, la Marseillaise, 26 janvier 2013


Une première au conseil municipal : l’opposition de la gauche toulonnaise a quitté la séance avec fracas. Du jamais vu en plus de 10 ans de mandature. En cause : les logements gérés par la Marine. Si peu. Pourquoi ne pas les comptabiliser en tant que logements sociaux, avance le maire de Toulon. Parce qu’un logement social doit être accessible à tous et non aux seuls militaires, répondra Robert Alfonsi (PS).

Pas de quoi fouetter un chat. Sauf pour Yannick Chevenard (UMP) qui se dit choqué par les propos de l’élu socialiste : « Les marins ne sont pas des "catégories" de la population. Ils font partie intégrante de la nation. La Marine est une organisation humaine composée souvent de revenus moyens, partie prenante dans la construction de HLM comme à la Beaucaire. On doit avoir le plus grand respect pour eux. » Le débat dégénère. « Vous n’avez aucune légitimité parce que vous avez été battus », renchérira Hubert Falco à l’encontre de l’élu régional, taxé de « sectaire » et de « méchant », juste avant de lui avoir retiré la parole. On en passe. Mais c’en est trop pour ce dernier qui quitte la salle avec son groupe, en point d’orgue d’un débat qui a essentiellement porté sur la SPLM (Société publique locale Méditerranée), tout en faisant monter la pression. Avec l’extension du périmètre d’aménagement de la SPLM aux bâtiments communaux des Lices pour y faire des logements.

« Le dossier est bien plus large que la simple délibération », expliquera Robert Alfonsi « C’est un projet qui engage la Ville pour 10 ans, avec 220 millions d’euros engagés, certes par le privé, mais dont la ville est garante. On fait peser un trop grand risque à la collectivité. De plus, c’est très rare de voir une SPLM être à la fois promoteur et aménageur. »
«  En changeant d’opérateur, pour la énième fois, on retarde encore certains projets ». Les halles ? « On en est au 3e projet, sans plus de visibilité, si ce n’est qu’elles auront une vocation commerciale. » L’ancienne Bourse du travail ? Même histoire ou presque. « Vous misez tout votre projet sur l’offre commerciale alors que l’on sait que c’est le développement d’équipements culturels de très haut niveau avec des projets architecturaux, les transports, avec le TCSP et le logement qui sont primordiaux. Tels sont les éléments moteurs et déclencheurs d’un projet urbain réussi. Ce n’est pas ce que vous proposez ». Chalucet ? Hubert Falco ne le laissera pas terminer sous prétexte d’être hors sujet. Pas si sûr. Vous avez dit transparence ? La gauche a voté contre.

Des questions et des réponses ?

Sur la SPLM, Robert Alfonsi s’interroge : « Sur 220 millions d’euros d’engagement, la société se paie à hauteur de 19 millions. C’est trop. N’aurions-nous pas pu négocier au moins sur ce montent ? » Au-delà de l’accrochage, sur le centre ancien, l’élu socialiste déplore les hésitations sur de nombreux dossiers : « En transférant l’aménagement et la promotion à la SPLM, on remet en jeu des dossiers qui étaient aboutis et on redémarre tout depuis le début. » L’élu pense à la Bourse du travail ou anciennes halles municipales dont il défend la réouverture, à l’Evêché. « Nous voyons l’apparition de l’architecte Wilmotte dans le dossier. Sur quel projet et à quel titre ? » « Autant de questions auxquelles le maire ne répond pas », déplorera en marge du conseil Robert Alfonsi. Par ailleurs, la ville a aussi prolongé de deux ans la convention qui la lie avec VAD (Var Aménagement Développement) pour l’opération de réhabilitation du centre ancien.

Guillaume de Saint Vulfran


P.-S.

Compléments

Notes

[1La loi sur le logement : http://www.legifrance.gouv.fr/affic....
Un commentaire : http://www.localtis.info/cs/Content....

[2La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL Paca) a su trouver des “circonstances atténuantes” – voir le rapport 2012 de la Fondation Abbé-Pierre : http://www.la-croix.com/content/dow..., page 77 – pour éviter que Toulon ne soit pénalisée.

[4Var Matin, « Toulon veut garder la main sur son urbanisation ».

[5On fait parfois la comparaison avec Brest, autre grand port militaire, mais le taux de logements sociaux parmi les résidences principales y est de ... 24,5 % ! Réf : http://www.brest.fr/territoire-comp...


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